Test Rétro – Kirby: Planet Robobot


Deux ans seulement après la sortie de Kirby: Triple Deluxe, HAL Laboratory revient avec un opus inédit sur Nintendo 3DS. Kirby: Planet Robobot, de son nom, affiche avec fierté son nouvel élément de gameplay autour duquel le jeu gravite : la présence d’un robot à contrôler, capable lui aussi d’absorber divers pouvoirs pour bénéficier de nouvelles capacités. Pas besoin d’être mécano pour s’en rendre rapidement compte : Kirby: Robobot Planet en a sous le capot !
Qu’il est beau le Robobot
Ce nouvel opus, savamment intitulé Planet Robobot, plonge la petite boule rose dans une épopée épique où Dreamland est envahie par une armée d’automates. Plus qu’une simple conquête, l’ennemi a également mécanisé les terres, la nature et les habitants environnants. Visuellement très réussi, Kirby: Planet Robobot offre des cinématiques de toute beauté et bien mieux compressées que son prédécesseur, évitant les bavures ou les gros pixels qui tâchent. La 3D de Kirby: Triple Deluxe, profonde et utile au gameplay, est ici aussi de la partie. Si l’idée de traverser des environnements majoritairement faits d’acier, d’éléments futuristes ou de machines à vapeur peut effrayer quant à un potentiel manque de diversité visuelle, la direction artistique soignée réussit à faire mouche en mélangeant tous ces éléments à des décors plus naturels, sans jamais se répéter.

Que ce soit la Plaine Pixel et son train complètement fou, la Route Réseau et ses maisons faites en brique de lait, le Générateur Giga et ses reliefs gourmands, tous sont véritablement réussis et parviennent à constamment émerveiller le joueur. Mention spéciale à l’Océan Optique et ses niveaux aquatiques, très chouettes et magnifiques. Ajoutez à toutes ces éloges des effets de caméra similaires à ceux de Crystal Shards (qui sont des petites rotations de 50°, tout au plus), et vous obtenez un des plus beaux titres de la console. Le chara design des monstres est également très réussi, particulièrement le boss final, à la fois mignon, glauque et étrange ; côté personnages, on regrettera le manque d’ambition pour celui de Susie, une androïde aux apparences de secrétaire un poil anecdotique. Les animations sont toujours aussi bonnes, notamment lors des transformations du robot, et les musiques, essentiellement composées de remix, se montrent bien plus marquantes que celles présentes dans Triple Deluxe.

Pimp My Mech
Quand on parle de la petite boule rose, les premières choses qui nous viennent à l’esprit sont souvent les mots « mignon », « fun », mais aussi « enfantin ». Bien que Kirby: Planet Robobot puisse plaire aux plus vieux, impossible de nier que le titre est dans l’ensemble très facile, puisque résolument orienté pour les plus jeunes. Que ce soit les ennemis peu coriaces, les pouvoirs trop puissants ou la courte durée du titre (environs sept heures en ligne droite), il est difficile, voire presque impossible, de mourir durant la quasi totalité de l’aventure. Quelques erreurs d’inattention se chargeront bien sûr de rectifier le tir, mais en dehors du boss final (véritablement épique soit dit en passant), le compteur de vies atteindra sans mal plusieurs dizaines de stocks. Tout comme dans Triple Deluxe, le principal intérêt de Kirby: Planet Robobot vient de son aspect complétion, avec la collection d’emblèmes et de trophées.

Les emblèmes apparaissent sous la forme de cubes technologiques et sont moins nombreux que les fleurs de l’opus précédent, tandis que les trophées se traduisent en stickers, lesquels peuvent être utilisés pour personnaliser le robot de Kirby. En parlant de ce fameux robot, sa puissance démesurée n’est activable que lors de certains tronçons au sein d’un niveau, comme la graine Méganova de Kirby: Triple Deluxe. Deux mini-jeux sont disponibles mais ne se montrent jamais plus amusants que quelques heures, manquant cruellement de profondeur tout en peinant à être plaisant. En revanche, on a bien plus apprécié l’arène, où l’on combat des boss survitaminés s’enchaînant jusqu’à ce que mort s’en suive ou que l’on en ressorte vainqueur. À noter également la possibilité de refaire l’aventure avec Meta-Knight dans une version raccourcie, mais un poil plus difficile. Plutôt chouette, pour peu qu’on apprécie un game design davantage orienté sur l’utilisation de l’écran tactile.

Garage Against The Machine
Kirby c’est aussi et surtout une affaire de gameplay, qui n’a certes pas beaucoup évolué depuis son deuxième jeu, mais qui se révèle être toujours aussi solide. La petite boule rose aspire les ennemis et peut, au choix, les recracher sous forme d’étoile ou les avaler pour bénéficier de leur pouvoir. Les capacités classiques sont bien évidemment présentes, mais les nouvelles sont à saluer, comme celles du Docteur ou du Poison, qui sont de véritables pépites et permettent de réaliser des actions bien plus variées et utiles qu’à l’accoutumée. La 3D, en plus d’être un vrai plaisir pour les yeux, permet également de jouer sur l’effet de profondeur, que ce soit pour mieux appréhender des pièges et obstacles, des objets cachés ou même des énigmes. Quelques situations bien pensées en ressortent forcément, comme le contrôle d’un petit robot d’un plan à l’autre (et à l’aide d’une Game Boy !), ou encore la menace lointaine de boules de billards se rapprochant dangereusement dans l’optique d’écraser Kirby. Comme dit dans l’introduction de ce test, le robot que peut chevaucher notre héros a également la possibilité de copier le pouvoir des monstres en les scannant.

Moins nombreux, ils apportent toutefois des styles de jeu différents de leur forme de base. On pensera surtout au pouvoir de la Roue, transformant notre machine en véritable bolide fou qui demandera d’alterner entre premier plan et arrière-plan pour continuer dans notre progression. Une grosse pensée également à celui du Jet, changeant le robot en avion et permettant de jouer à la manière d’un shoot’em up à scrolling horizontal. Le robot se montre au final plus amusant et surtout moins longuet dans ses animations que la graine Méganova. Dans tous les cas de figures énoncés, Kirby: Planet Robobot se joue toujours en vue 2D, malgré la présence de boss se déplaçant plus librement que Kirby. Le level design est dans l’ensemble très correct et dispose de belles trouvailles, souvent en amont d’un objet à collecter pour atteindre le 100 %. Des passages qui pourront demander à certains plusieurs tentatives pour comprendre l’énigme et récolter son précieux.

Conclusion
Kirby: Planet Robobot, c’est Kirby: Triple Deluxe, en mieux ! Véritable suite directe dans son gameplay et sa direction artistique, il prolonge l’expérience pour ceux qui n’en avaient pas eu assez, et se montre un meilleur choix pour les joueurs qui hésiteraient entre les deux. Sa durée de vie, légèrement inférieure, semble être le seul point noir au tableau. Qu’importe, le – maigre – scénario, la bande-son, le level design, l’acte final ou même la feature unique de cet épisode sont supérieurs aux qualités de son prédécesseur, faisant de ce Kirby un nouveau must have pour la Nintendo 3DS. 8 sur 10.
