
Après un premier épisode qui avait permis à la PlayStation de tenir tête aux mascottes de Nintendo et Sega, Naughty Dog revient à peine un an plus tard avec Crash Bandicoot 2: Cortex Strikes Back. Plus beau, plus riche et plus accessible, ce second opus ne se contente pas de reprendre la formule du premier : il l’améliore pratiquement sur tous les points. Malheureusement, certains défauts sont encore présents.
Mon Meilleur Ennemi
L’aventure reprend juste après la défaite du Dr Neo Cortex. Échoué sur une île mystérieuse, le savant fou découvre de puissants cristaux capables d’alimenter une gigantesque station spatiale. Contre toute attente, il demande l’aide de Crash pour les récupérer, prétendant vouloir sauver la planète d’une catastrophe imminente. Bien entendu, le scénario reste avant tout un prétexte à l’action, mais il bénéficie d’une mise en scène plus travaillée que dans le premier épisode. Les interventions régulières de Cortex, les avertissements de Coco et quelques rebondissements bien sentis donnent davantage de personnalité à l’ensemble. La première différence avec l’épisode précédant saute immédiatement aux yeux : la disparition de la carte linéaire. Désormais, Crash évolue à partir de salles de téléportation permettant de choisir librement les niveaux à explorer.

Cette structure apporte un véritable sentiment de progression et réduit considérablement la frustration, évitant au joueur de devoir mourir encore et encore jusqu’à passer le niveau sur lequel il pourrait buter. Le gameplay gagne également en profondeur, puisque le marsupial dispose désormais de nouvelles capacités comme la glissade, le plaquage au sol ou l’escalade de certaines structures. Ces mouvements enrichissent les possibilités et permettent de découvrir des niveaux plus variés. Malheureusement, la prise en main laisse encore à désirer. Les déplacements manquent de précision, la faute d’une caméra encore plus pénible que dans le premier épisode et une inertie du personnage frustrante. On ne meurt pas parce que le jeu est difficile, mais bien parce que son gameplay semble mettre des bâtons dans les roues de son public.

Coco Câline, Crash taquine
Là où le premier Crash Bandicoot pouvait parfois donner une impression de répétition, cette suite multiplie les idées. Les environnements s’enchaînent à un rythme soutenu : jungles luxuriantes, égouts infestés, laboratoires futuristes, banquises glacées ou encore stations spatiales. Certaines séquences sont restées gravées dans la mémoire des joueurs, comme les poursuites avec l’ours polaire, les descentes à bord d’un jet pack ou les courses effrénées face à des obstacles géants apportent une variété constante à l’aventure. Pour notre part, ce sont également les moments les plus problématiques du jeu : la glace apporte une lourdeur encore plus présente vis-à-vis de l’inertie du jeu, la caméra devant Crash dans les phases de fuite nuisent à la lisibilité des phases de plateforme, les courses sur monture piochent allègrement dans le die and retry frustrant, tandis que les tronçons en jet pack se révèlent tout bonnement abominables à contrôler.

Chaque niveau cache en outre des gemmes, passages secrets et zones bonus qui encouragent l’exploration. Finir le jeu une première fois ne représente finalement qu’une partie de l’expérience. L’un des principaux reproches adressés au premier épisode concernait sa difficulté parfois excessive, poussant les développeurs a prendre note des critiques et corriger le tir. Crash Bandicoot 2: Cortex Strikes Back demeure exigeant, mais il se montre beaucoup plus juste (tout du moins quand les errances de gameplay suscitées ne s’en mêlent pas). Les sauvegardes sont désormais simplifiées grâce aux Warp Rooms, tandis que les niveaux bonus permettent de progresser sans risquer de perdre des vies. Le jeu conserve un vrai challenge pour les complétistes tout en restant accessible aux nouveaux venus.

Cristal Palace
En 1997, peu de jeux peuvent rivaliser avec la réalisation de Crash Bandicoot 2. Les environnements sont colorés, détaillés et animés avec une fluidité remarquable. Les personnages débordent d’expressions et chaque niveau regorge de petits effets visuels qui donnent vie à l’univers. Même si certains décors reviennent plusieurs fois au cours de l’aventure, la qualité générale reste exceptionnelle pour l’époque. La PlayStation est poussée dans ses derniers retranchements et le savoir-faire de Naughty Dog saute aux yeux à chaque instant. La bande-son peine toujours autant à marquer, tandis que les bruitages exagérés, les cris de Crash et les effets sonores cartoonesques, iconiques, renforcent l’identité humoristique du jeu.

Conclusion
Avec Crash Bandicoot 2: Cortex Strikes Back, Naughty Dog signe exactement ce qu’on attend d’une suite : plus de contenu et plus de variété. Le jeu corrige presque tous les défauts de son prédécesseur tout en conservant ce qui faisait son charme, mais appuie aussi davantage sur ses défauts : bande-son oubliable, maniabilité discutable et plateforme encore trop basique. Aujourd’hui pourtant, il reste considéré comme l’un des meilleurs épisodes de la trilogie originale et l’un des grands classiques de la PlayStation. Dans notre cas, on se contentera de dire qu’il est meilleur que son prédécesseur et reste un platformer tout à fait honnête. 6 sur 10.


