Test Rétro – Luigi’s Mansion 2

Test Rétro – Luigi’s Mansion 2

Paru sur Nintendo 3DS le 20 mars 2013, Luigi’s Mansion 2 est un jeu vidéo d’action-aventure développé par Next Level Games et édité par Nintendo, faisant suite au premier épisode, sorti sur Nintendo GameCube en l’an de grâce 2001. Une séquelle franchement inattendue lors de son annonce, mais qui risque de diviser les amoureux du jeu d’origine tant elle diffère sur sa structure globale. Plus généreux, plus ambitieux, mais aussi plus classique dans son approche et son rythme. Un mal pour un bien ?

SOS Fantômes

Onze ans, c’est ce qu’il aura fallu attendre pour que Luigi puisse à nouveau vivre une aventure bien à lui. Manque de bol pour le grand benêt vert, Nintendo a décidé de le renvoyer dans des lieux lugubres pour chasser du fantôme ! Suite directe du premier Luigi’s Mansion, c’est également l’occasion de retrouver l’ingénieux Karl Tastroff et l’effrayant Roi Boo, lequel s’est dépêtré de son tableau-prison, bien décidé à se venger du longiforme moustachu. En effet, le boogre – vous l’avez ? – a détruit en cinq morceaux une lune noire ; ses propriétés apaisantes rendaient amicaux les fantômes de la Vallée des Ombres. Ni une, ni deux, Luigi est kidnappé par K. Tastroff. Fraichement équipé de son attirail de chasse, le plombier vert sera télépixélisé dans différents lieux hantés pour appréhender les mauvais esprits, autrefois gentils. Si le scénario est plus un prétexte qu’autre chose, il faut reconnaître la qualité d’écriture, quand bien même le jeu se montre inutilement bavard. Entre chaque mission, K. Tastroff nous fait un petit topo sur la situation, le titre n’hésitant jamais à y coller une jolie touche d’humour, que ce soit dans les dialogues ou la gestuelle dynamique de Luigi.

Malheureusement, comme dit plus haut, les dialogues semblent durer une éternité pour, au final, ne rien apprendre de nouveau aux joueurs. Par chance pour le titre, son essence même ne se trouve pas là. Avant de s’attaquer au gameplay, il faut souligner l’attention portée à l’enrobage de ce Luigi’s Mansion 2. Si les graphismes sont forcément crénelés, la faute à des contraintes techniques, force est d’admettre que sa direction artistique est à tomber par terre. Oscillant à merveille entre le lugubre et le grotesque (en témoignent les architectures des bâtiments, très géométriques et disproportionnés), on se balade avec plaisir au gré de mélodies mélangeant harmonieusement notes sinistres et guillerettes. Mieux encore, Luigi lui-même chantonne la bande-son durant ses recherches, tout tremblotant, comme pour tenter de se rassurer soi-même qu’après tout, « les fantômes c’est pas si flippant que ça, hein ». On apprécie également les bruitages du jeu, donnant une certaine satisfaction au moindre fantôme avalé par notre aspirateur. Si les jeux de lumière se montrent imparfaits, ils offrent au titre une ambiance marquante et unique.

Visite (trop) guidée

Bien que la 3D n’ait aucun impact sur le gameplay, cette dernière se révèle majoritairement agréable, en dehors de rares mises au point sorties de nulle part. Un petit défaut technique qui s’ajoute à bien d’autres, comme des bonus traversant les murs et devenant impossible à collecter, un Luigi courant sur place et impossible à déplacer, des ralentissements notoires ou encore des bruitages absents après une cutscene. Quand bien même ces aléas restent au final assez rares et que la qualité de la production est bien supérieure à ce que la concurrence a pu produire sur la console, il faut admettre que Nintendo et Next Level Games nous avaient habitué à bien mieux à ce niveau là. Parfaitement taillé pour une console portable, le mode histoire de Luigi’s Mansion se découpe en plusieurs mondes, lesquels sont divisés en plusieurs missions. Si on est de ceux qui aiment les longues sessions de jeu, alors on pestera sur ce rythme trop haché, offrant des missions s’étalant entre quinze et trente minutes. Si l’exploration est bel et bien le cœur du jeu, on aurait aimé un niveau vraiment « libre » pour chaque monde, à la manière du premier opus de la série.

En effet, les amateurs du 100 % seront déçus de ne pas pouvoir compléter tout un lieu hanté d’une seule traite. Il leur faudra alors refaire les missions telles quelles, avec leur objectif final, leurs contraintes et surtout leurs délimitations spatiales ; impossible d’accéder à la cuisine dans tel acte, ou au grenier dans tel niveau. Ce problème est davantage accru par la recherche des collectibles. En effet, pour chaque monde, il faudra collecter treize gemmes dissimulées dans les décors et cinq boo devenus invisibles. Le soucis étant que chaque niveau ne possède qu’un seul boo, tout comme ils ne renferment que quelques gemmes bien spécifiques, rendant leur collecte impossible si le joueur n’a pas choisi le bon acte, à la manière des pièces bleues de Super Mario Sunshine. L’idée d’intégrer un niveau libre et ouvert sans objectifs ou limite de temps aurait bienvenu pour se défaire d’un tel problème de game design. Et au vu de tous ces points négatifs, on est en droit de se demander en quoi Luigi’s Mansion 2 est bon. Si la question est légitime, la réponse est quant à elle toute trouvée : Nintendo oblige, le titre se targue d’un gameplay diablement efficace et addictif.

Il va faire tout noir… !

Contrairement aux jeux Super Mario, dans Luigi’s Mansion 2, on ne saute pas. Pis encore, le plombier a plus tendance à marcher sur la pointe des pieds, sursauter ou tomber, que réellement progresser. Froussard comme pas deux, il préfère démontrer ses capacités à l’aide d’un équipement dernier cri. L’Ectoblast 5000, son arme principale, revête l’apparence d’un aspirateur, lequel est capable d’engloutir n’importe quel spectre (fantôme ou Boo), mais aussi poussière et toiles environnantes. Petite précision toutefois : pour espérer aspirer sa proie, le joueur doit d’abord l’aveugler avec sa lampe torche, le Spectroflash. S’en suit alors une lutte féroce, obligeant Luigi à marcher à reculons tout en aspirant, seul moyen pour lui de venir à bout du fantôme. Pas facile quand l’âme en question le traîne à travers toute la salle ou que ses amis tentent de le blesser. En comparaison de son aîné, le titre se montre plus varié dans son bestiaire, lequel n’hésite pas à utiliser de différents attributs défensifs, à l’image des lunettes de soleil leur permettant de se protéger du Spectroflash de Luigi. Bonne nouvelle, les équipements du plombier peuvent être améliorés, pour peu qu’on ait engrangé suffisamment d’argent.

Chaque lieu hanté bénéficie d’un level design absolument incroyable. Quand bien même chacun d’entre eux possèdent des dizaines de pièces réparties sur plusieurs étages, on ne se perd jamais, tant chaque coin du bâtiment a une identité qui lui est propre. Une identité façonnée par une trouvaille toujours bien pensée, qu’elle serve une énigme ou juste la fouille à coup d’Ectoblast 5000. C’est d’ailleurs cette même fouille qui rend le jeu addictif, poussant le jouer à explorer avec minutie chaque coin de la pièce traversée en aspirant draps, rideaux, plantes, sable ou même papier toilette. Avec des puzzles parfois bien retords, mais jamais trop difficiles, la sauce prend forcément. On progresse assez bien et vite, rendant le rythme de l’aventure particulièrement fluide. On vous avoue également notre gros coup de cœur pour les niveaux avec l’ectochien, similaires à une chasse au trésor ; à l’aide d’un récepteur photosensible, Luigi peut dévoiler l’invisible et ainsi suivre les traces du chien fantôme, lequel s’amuse bien souvent à nous voler un élément essentiel à notre quête. Les boss se montrent quant à eux assez inégaux, certains étant particulièrement oubliables, comme les escaliers ; le boss final lui, se révèle fantastique, alternant duels et course poursuite dans une mise en scène géniale. À noter également la présence du gyroscope, parfaitement adaptée pour les quelques phases d’équilibre ici et là.

Conclusion

Plus varié, plus long et plus charmant que son aîné, Luigi’s Mansion 2 est une suite réussie sur bien des points. Avec une campagne solo s’étalant entre dix et quinze heures (et bien plus pour le 100 %), un mode multijoueur agréablement surprenant, une direction artistique à tomber par terre et un level design bluffant, le jeu a pour lui de sérieux atouts. On pestera tout de même sur la technique pas franchement indiscutable pour du Next Level Games, sur sa propension à être inutilement bavard malgré un chouette humour, ou encore sur la surabondance du titre à compartimenter sa progression, hachant le rythme de son aventure bien plus qu’il n’aurait dû. Malgré tout, Luigi’s Mansion 2 reste une œuvre unique, rafraichissante et particulièrement amusante dans le domaine de l’épouvante et de l’horreur vidéoludique. Tu peux être fier mon Luigi, tu es un vrai héros ! 8 sur 10.

Kalimari

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